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And Linux For All

Linux vs Windows vs Mac: quelle importance demain ?

8 Janvier 2011 , Rédigé par Emmanuel PIEUX Publié dans #Généralités

S'il est une bonne vieille guerre qui a la vie dure dans le monde des systèmes d'exploitation, et dans le monde de l'informatique en général, c'est bien celle qui oppose les Linuxiens aux Windowsiens aux Macintoshiens.

Chacun peut vous sortir une liste d'arguments longues comme un jour sans pain. Pour cela, il suffit d'amorcer la pompe à arguments par une petite phrase taquine telle que "ça t'a plu de payer un oeil un OS qui plante tout le temps ?", ou "le Mac c'est encore plus fermé que Windows: peut-on dire qu'il est ifermé ?" ou encore "Pour lire tes mails, tu passe toujours par la ligne de commande, ou tu peux faire des trucs avec une souris sous Linux ?".

 

Suivant la personne à qui vous lancez ce genre de pic, cela peut vite dégénérer, ou simplement s'en tenir à quelques joutes verbales particulièrement animées, mais dans la majorité des cas, la discussion est ponctuée de mauvaise foi, d'exceptions appliquées à des généralités, d'informations peu ou pas vérifiées. J'avoue y prendre un plaisir certain, avec mes collègues de travail, qui me prennent pour un évangéliste du libre et de Linux. Et "casser du Windows ou du Mac" est un petit plaisir que je ne me refuse pas de temps à autre, avec une mauvaise foi évidente et voulue.

 

Ces joutes verbales ont lieu entre amis et collègues, mais aussi entre parfaits inconnus, sur Internet, via les forums et les blogs ouverts aux commentaires. Prenez par exemple ce site.

L'important n'est pas l'article lui-même, mais bel et bien les commentaires que sa publication a pu susciter.

On y retrouve les trois catégories d'opposants citées plus haut. Et c'est une véritable bataille rangée à laquelle on peut assister, commentaire après commentaire. Chacun y va de son avis, parfois très bien étaillé et pertinant, parfois pas du tout.

 

Pour l'anecdote, il est amusant de remarquer que le sujet initial de cet article n'est pas de savoir lequel de Linux, OSX ou Windows est le meilleur système d'exploitation, mais de souligner l'inégalité des chances de ces derniers devant les appels d'offre dans l'administration française. En tout cas, quelle passion transpire des différents commentaires postés ! Et pas forcément sur le coeur du sujet lui-même.

 

Etant moi aussi passionné, vais-je y aller de ma petit analyse.

 

Au delà des qualité intrinsèques de chaque système, il est intéressant de raisonner en terme de circonstances, de choix et d'usages.

 

Au travail, en général, nous n'avons pas vraiment le choix. On nous a fourni un ordinateur lors de notre prise de fonction, et pour la plupart d'entre nous, il n'est pas possible d'en faire ce que l'on veut. Les choix de la DSI, dictés par la stratégie de l'entreprise, interdisent souvent les écarts des utilisateurs les plus « geeks », pour qui l'OS et les logiciels sont importants. La plupart des autres s'en fiche comme de leur première chemise, considérant l'ordinateur comme un outil, avec lequel il vont pouvoir faire leur vrai job. Point de choix ici donc, sauf exceptions bien entendu.

 

A la maison, le choix est souvent déterminé par l'ordinateur que l'on achète. Et là encore, on a pas vraiment le choix au moment de l'achat. Et les habitudes ont la vie dure. Toute la famille connait Windows et le Pack Office, alors pourquoi vouloir les faire changer, d'autant plus qu'il y a de fortes chances pour qu'ils utilisent au travail les mêmes outils ? Un Mac ? Pourquoi pas, suivant ses moyens la volonté de tous de tester un autre monde. Pas beaucoup de choix ici non plus.

 

Et pourtant, tout ceci est en train de changer, petit à petit, pour plusieurs raisons :

On entend de plus en plus parler de « logiciels libres », « d'Opensource ». Un coup d'accélérateur a été donné à ce phénomène grâce aux nouveaux téléphones mobiles et aux smartphones. L'arrivée des tablettes devraient accentuer encore la tendance, même si toutes ne seront pas à base de technologies libres.

 

On a tendance à mélanger équipement perso et équipement pro. Là encore, l'avénement des smartphones y est pour quelque chose. On lit maintenant ses mails n'importe où avec son téléphone, et on lit aussi bien ceux du boulot que les persos. On va sur Internet avec le smartphone du boulot, pas toujours pour le boulot. Bref, on commence à mélanger les équipements.

 

Et ce n'est rien par rapport aux usages. La vie dans le « nuage » n'est plus une utopie. Nos données ne sont plus seulement sur les disques durs de nos PC. Nous avons une vie sociale numérique. Nos réseaux sociaux sont privés (Facebook) autant que professionnels (Viadeo, LinkedIn). Et pour exploiter toutes leurs richesses, il faut être connecté en permanence à Internet.

 

Mais quel rapport avec la la « gueguerre » entre Linux, Windows et Mac ?

Et bien elle n'est plus de notre temps, tout simplement. Les utilisateurs d'aujourd'hui et plus encore ceux de demain ne se pose la question de savoir si c'est Windows ou Linux qui tourne sur leur machine. Ce qui compte c'est l'usage. Vous croyez encore qu'Apple vend des téléphones portables, des ordinateurs et des baladeurs ? Pas du tout. Ils vendent des services et des moyens de les utiliser. Et si vous voulez les utiliser au mieux, il est préférable d'avoir du matériel Apple.

 

Que va faire Google avec son futur ChromeOS ? Ni plus ni moins que nous fournir un média d'accès à l'ensemble des services Google. Encore une fois, ce n'est pas logiciel qui est mis en avant, mais les services qui seront proposés.

 

Avez-vous remarqué d'ailleurs que nous avons une même finalité mais avec deux philosophie différentes, l'une entièrement propriétaire et l'autre libre ?

 

On pourrait aussi inclure Microsoft dans le lot, mais dans ce domaine, ils sont un peu – beaucoup - en retard, notamment dans les usages 2.0.

 

Tout ça pour dire quoi finalement. Que les usages changent avec les générations et que bientôt, très bientôt, peut-être même aujourd'hui d'ailleurs, la question ne sera plus de savoir quel OS est dans l'appareil que l'on utilise à un instant T, encore moins s'il est mieux que celui de son collègue ou si la technologie derrière est libre ou pas. Non, la question sera juste de savoir si l'appareil dont on dispose permet de faire ce que l'on désire qu'il fasse. Le support du service auquel on accède va devenir tellement transparent qu'on ne le verra bientôt plus. Nos marteaux informatiques ne seront plus jaunes en plastic ou rouge en bois, ils seront incolores, inodores et sans saveurs.

 

En tant qu'idéaliste passionné d'OS et d'histoire de l'informatique, je n'aime pas cela, mais une chose est certaine: on y va en courant.

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go here 25/07/2014 09:12

I don’t know why there is so much discussion on this. This has nothing to do in our day today life and I was amazed to see the comments here. Thanks for sharing this with us and keep posting more updates in your blog.

Pierre 10/01/2011 20:22


Permettez moi d'être pessimiste, mais je ne voie pas pourquoi la situation évoluerait beaucoup.
Plus de personnes se tournant vers Ubuntu ? Peut être, mais combien, 1%, 2% ?
Non, je ne pense pas que la donne change beaucoup, mais peut être que je me trompe. Espérons le !

Pierre


Pierre 09/01/2011 16:28


Bonjour,

Votre article est intéressant, mais je ne suis pas entièrement d'accord.
Sur le fait que la guerre des OS soit dépassée, tout à fait d'accord.
Par contre, dire que les utilisateurs ne se posent pas la question de savoir si c'est windows ou linux qui tourne sur leur machine est totalement faux.
J'en veux pour preuve la tentative de lancement des netbooks sous linux qui a été un énorme échec commercial, les clients ramenant les machines "parce que ce n'était pas windows qui démarrait". Et
cela sans même tenter d'essayer!
Pour le client lamda, l'ordinateur, c'est windows, point. Et quand vous demandez quel navigateur ils utilisent, ils répondent "orange".
Y'a du boulot encore....
Pierre


Emmanuel PIEUX 10/01/2011 07:57



Je suis globalement d'accord avec vous, mais le contexte de mon article se place dans le futur.


Il est clair que le client lambda ne se pose pas la question aujourd'hui: c'est Windows, point.


Mais je pense sincèrement que ce ne sera pas pareil dans un futur plus ou moins proche.


Une chose est certaine, pour l'instant, il y a du boulot...


Emmanuel