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And Linux For All

OpenSuSE 12.1: le test

13 Novembre 2011 , Rédigé par Emmanuel PIEUX Publié dans #Distributions

Ca y est ! La nouvelle version d'OpenSuSE est là. Cette distribution, d'origine allemande, rachetée par Novell en 2003, est une référence dans le domaine des logiciels libres. A tel point qu'elle occupe la 4ème place du classement  Distrowatch, certes loin derrière Linux Mint et Ubuntu, mais au même niveau que Debian, une autre référence, et loin devant Mandriva ou Mageia. Bref, on joue ici dans la cour des grands, et ça se voit. 

 

OpenSuSE c'est d'abord KDE.

Depuis l'origine de la distribution (1994), KDE est très clairement l'environnement de prédilection de SuSE. C'est assez drôle d'ailleurs de constater que la version professionnelle d'OpenSuSE, à savoir SuSE Linux Enterprise Desktop, celle qui est vendue par Novell, est basée sur Gnome, alors qu'une grande partie de ses programmes vient de la version libre.

Enfin, quoi qu'il en soit, KDE est encore à l'honneur dans cette version 12.1, et de bien belle manière. D'ailleurs, j'en profite pour vous conseiller de choisir cet environnement de bureau, Gnome étant moins bien supporté. Si vous voulez faire du Gnome, installez Fedora.

Nouvelle version oblige, KDE est ici livré en 4.7.2, soit l'avant dernière version stable, la dernière étant la 4.7.3. Peu de différence entre les deux, la seconde n'étant que la première corrigée de quelques bugs.

Cette version apporte pas mal de choses :

  • correction d'une cohorte de bugs hérités de la version 4.6,
  • optimisation du code, pour rendre l'environnement plus réactif et agréable à utiliser,

  • améliorations internes au niveau du bureau sémantique, avec optimisation du code là aussi,

  • Kontact passe en version 2, ce qui permet d'indexer les mails, contacts et rendez-vous avec Akonadi. Cette version semble plus rapide aussi, et moins buggée.

  • Nouveaux icônes pour les fichiers et répertoires. Là, je dois admettre que je n'adhère pas. Je préfère de loin les icônes Faenza.

  • Meilleur intégration graphique des applications conçues pour Gnome, avec le thème Oxygen GTK.

  • Améliorations dans la gestion des activités.

  • Petites améliorations de design pour Dolphin et Kickoff, le menu de lancement des applications.

Mon point de vue.

Très agréable à utiliser, cette nouvelle version de KDE ne cesse de s'améliorer au fil du temps. Par rapport à la version 4.6, ce qui se remarque le plus est certainement la réactivité et l'homogénéité graphique de l'ensemble des applications.

opensuse-kde.png

 

OpenSuSE, c'est aussi YaST.

Ce qui a fait la force de cette distribution, c'est certainement depuis le début son panneau de configuration. A partir d'un seul endroit, on peut contrôler le fonctionnement de son ordinateur. Tout y est : les logiciels, le matériel, les paramètres système, la virtualisation, la sécurité, les services et périphériques réseaux.

Très complets, ces outils permettent de paramétrer très finement l'ordinateur. Tout ce qui n'est pas spécifique à l'environnement de bureau KDE est là. Ce sont donc plutôt les options systèmes que l'on trouve ici. Prudence donc. Les outils les plus puissants sont souvent les plus dangereux, surtout lorsqu'ils touchent aux partitions, aux services, ou à la sécurité. Mais ils sont suffisamment bien conçus et documentés pour éviter que le néophyte ne fasse des bêtises...

Un nouvel outil est particulièrement intéressant dans cette version, il s'agit de Snapper.

Que fait Snapper ?

Eh bien, c'est un outil de snapshot de partition BTRFS. Késako ?

BTRFS est un nouveau système de partitionnement, comme EXT4, XFS, ou NTFS. Sauf qu'il est d'une grande puissance et offre de nombreuses fonctionnalités. Parmi ses fonctionnalités phares, on peut noter justement le fait de pouvoir faire des snapshots de partition.

Un snapshot est un sorte de photographie à un instant d'une partition. La première photographie donne l'état initial de la partition et de tout ce qu'elle contient. L'utilisateur fait des modifications sur ses fichiers. Il s'aperçoit qu'il a surtout fait des bêtises. Il peut revenir alors à l'état initial de ses fichiers, à la première photographie, en quelques secondes. Ses fichiers auront retrouvés leur état initial, contenu compris bien sûr. Puissant non ?

Snapper permet de gérer cela. Il va même plus loin, en montrant à l'utilisateur les différences entre un fichier à l'état 1 et le même fichier à l'état 2. Si l'utilisateur fait des snapshots réguliers, il pourra ainsi revenir à la version qui l'intéresse en quelques clics. Autre truc sympa, un snapshot est systématiquement fait avant une mise à jour des logiciels. Ainsi, si l'opération se passe mal, un clic permet de revenir à l'état antérieur.

Bon, la limitation, c'est que cela ne fonctionne qu'avec un système de partition BTRFS. Mais ça tombe bien, OpenSuSE 12.1 permet de créer ce type de partition à l'installation, en un simple clic.

 

Mon point de vue.

Toujours aussi complet, le panneau de configuration Yast est une merveille de puissance. Mieux intégré grâce à une refonte visuelle bienvenue, il se dote d'outils très pointus pour tout contrôler sans passer par la ligne de commande. L'outil Snapper, couplé à un partitionnement en btrfs, apporte une grande sécurité et flexibilité pour l'utilisateur soucieux de ses fichiers. Attention cependant, btrfs est encore dans un état de développement avancé. Pensez à faire des sauvegardes sur un disque externe si vous optez pour ce système (de toutes façons, il faut toujours faire des sauvegardes...).

opensuse-yast.png

 

OpenSuSE, c'est aussi pour les pros...

J'entends par là que c'est la distribution qui s'intègre le mieux dans les environnements professionnels basés sur les technologies Microsoft.

Par exemple, on peut utiliser son nom d'utilisateur Active Directory directement dans OpenSuSE, en lieu et place d'un utilisateur local. Du coup, on s'affranchit de taper son login et mot de passe à chaque fois que l'on veut ouvrir un partage réseau sur un serveur Windows.

Mais ce n'est pas tout. C'est aussi la seule distribution à permettre de s'affranchir du couple infernal login/password pour les sites web à base de Sharepoint, comme je l'ai décris dans cet article.

Encore plus fort : la gestion des documents Office sur un partage réseau avec LibreOffice fonctionne enfin correctement. Je m'explique avec un exemple.

Vous disposez d'un document sur un lecteur réseau Windows. Pour y accéder, vous tapez dans Dolphin: smb://monserveur/mondisque. Vous pouvez voir ainsi votre document monfichier.odt.

Si vous cliquez sur ce dernier, LibreOffice l'ouvre correctement. Vous faites vos modifications, cliquez sur l'enregistrement et quittez LibreOffice. Lorsque vous ouvrez de nouveau votre fichier, aucune modification n'apparait ! Et pour cause : LibreOffice ne sait pas gérer correctement les chemins d'accès virtuels (smb://). Il ne sait travailler qu'avec des répertoires classiques (/home/monuser/mes documents/ par exemple).

Eh bien cette période est enfin révolue. Désormais, lorsque vous fermez LibreOffice après avoir fait des modifications dans un document, Dolphin détecte le fait que le contenu du fichier à changé, et vous propose de synchroniser les modifications sur le disque réseau. Alléluia !

 

Mon point de vue

Un nouveau cap vers l'intégration du libre dans les écosystèmes Microsoft vient d'être franchit. Cela n'a jamais été aussi simple de travailler avec OpenSuSE dans ce type d'environnements. Mais que reste-t-il aux systèmes propriétaires ?

 

OpenSuSE, c'est plein de logiciels

Contrairement à certaines distributions qui ne fournissent par défaut que des logiciels libres (Fedora par exemple), OpenSuSE offre ce qu'il faut pour ne pas être bloqué devant un document ou un flux video propriétaire.

C'est ainsi que Flash player est inclus par défaut, tout comme les codecs pour lire les fichiers MP3. Un petit tour dans le gestionnaire de dépôts logiciels permet d'installer très simplement d'autres logiciels, pas forcément libre, mais bien pratiques. Parmi ces dépôts, notons simplement Packman et libdvdcss, deux dépôts extrêmement utiles si vous désirez utiliser VLC ou lire un DVD protégé sur votre ordinateur.

Mais ce n'est pas tout. En allant sur ce site, vous aurez accès en 1 clic à des centaines de logiciels pas forcément disponibles dans les dépôts officiels, et packagés par des utilisateurs. Et c'est assez simple d'utilisation. Une recherche donne plusieurs références de paquets en fonction de la version d'OpenSuSE, et un lien « 1-Click install » s'occupe de tout à votre place : ajout d'un dépôt si nécessaire, récupération du programme et de ses dépendances, et installation de l'ensemble.

Au chapitre des logiciels, notons que les dernières versions sont présentes par défaut : Firefox et Thunderbird 7, LibreOffice 3.4.2, Virtualbox 4.1.4, Gnome 3.2, Gimp 2.6.1. Les outils KDE sont au diapason de la version 4.7.2, tout comme les outils Gnome en 3.2.

A noter qu'il peut y avoir de légères différences de version entre les dernières sorties et la distribution, comme KDE qui est en 4.7.2 au lieu de 4.7.3. Ceci est juste un problème de calendrier, les dernières mise à jour sortant parfois trop tard pour être injectées dans une distribution en stade de stabilisation.

 

Mon point de vue

L'ensemble de logiciels proposés par OpenSuSE est assez énorme, parmi les plus important du marché, et très à jour. Et le système de build étend encore ce nombre, en permettant à – presque – chacun de contribuer à étoffer la logithèque très simplement.

opensuse-depots.png

 

Conclusion

Cette nouvelle version est réellement très plaisante à utiliser. L'environnement de bureau est très réactif. Le choix de logiciel est très important, suffisamment en tout cas pour ne pas se sentir limité. L'intégration dans des environnements propriétaires est un plus non négligeable. Les nouvelles technologies sont aussi présentes, comme btrfs et ses snapshot, ce qui devrait plaire à chaque geek qui sommeille en nous.

Bref, une distribution à essayer d'urgence. Personnellement, c'est mon choix pour tous les jours.

 

 

 

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Fedora 16 est là!

8 Novembre 2011 , Rédigé par Emmanuel PIEUX Publié dans #News

Tout est dans le titre.

 

Au menu de cette nouvelle version, plein de nouveautés, comme Fedora le fait si bien, et notamment la version 3.2 de Gnome, qui devient enfin parfaitement exploitable sans mettre les mains dans le cambouis.

 

Lisez les notes de version ici.

Le site de Fedora est toujours là.

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Authentification transparente dans Sharepoint avec OpenSuSE

5 Novembre 2011 , Rédigé par Emmanuel PIEUX Publié dans #Pro

Pour ceux qui comme moi doivent composer tous les jours avec les outils popriétaires de Microsoft, Sharepoint est clairement un problème. Microsoft a fait cependant des progrès avec la version 2010 de ce produit, qui s'intègre bien mieux avec Firefox que la précédente version.

Mais il reste quand même un petit souci, celui de l'authentification. En entreprise, les utilisateurs de Windows disposent d'un ordinateur inscrit sur un domaine. Si Sharepoint reconnait ce domaine, les utilisateurs connectés n'ont pas à retaper leur mot de passe lorsqu'ils doivent d'authentifier sur un site, intranet par exemple. Cela peut paraitre peu de chose, mais taper son mot de passe à chaque fois que l'on veut consulter son intranet n'est pas une chose très agréable, voir une perte de temps pure et simple. Et si tous les sites internes de son entreprise sont développés sur Sharepoint, cela devient un vrai parcours du combatant.

Il existe une solution, qui tient dans une distribution, une seule: OpenSuSE.

Il y a quelques années maintenant, OpenSuSE, par le biais de Novell, s'est rapproché de Microsoft, grâce à un accord financier. Grâce à cela, les développeurs de la distribution ont pu avoir accès à certaines informations qui leur ont permis de développer des programmes permettant une meilleur intégration d'OpenSuSE dans l'écosystème Microsoft.

Ceux qui ont déjà utilisé cette distribution ont pu constater la présence d'un outil d'insertion de l'ordinateur dans un domaine Windows. Une fois ceci fait, il est possible d'ouvrir une session sur son ordinateur OpenSuSE avec ses identifiants Windows, ceux-là même fournis par son employeur.

ssoSSO Sharepoint

 

Au delà de l'aspect pratique de ne pas avoir plusieurs comptes pour travailler, ce système résoud le problème que je citais au début de cet article. Moyennant une manipulation très simple dans Firefox, il n'est plus nécessaire de retaper son login et mot de passe à chaque visite d'un site Sharepoint, l'ordinateur le faisant automatiquement, de façon transparente, comme Windows le fait avec Internet Explorer.

Voici comment procéder:

dans Firefox, taper comme adresse : about:config

Après avoir rassuré le navigateur en lui certifiant que l'on ne va pas faire de bêtise (sic), il faut taper dans le champ Filtre le terme "uris" (sans guillemet).

La clé qui nous intéresse ici est: network.automatic-ntlm-auth.trusted-uris (cliquez sur l'image pour agrandir)

SSO-Sharepoint1.png

 

Il suffit de double-cliquer sur cette clé, et de taper les adresses des sites pour lesquels nous voulons faire de l'authenfication transparente (sans oublier les http:// ou https:// devant):

http://intranet.masociete.com,http://monsite.masociete.com

Redémarrons Firefox, et connectons-nous à l'un de ces sites. La connexion doit être automatique et transparente !

Je n'ai pas testé avec différentes syntaxes: http://*.masociete.com par exemple. Si cela fonctionne, cela permet d'utiliser l'authentification transparente pour tous les sites de la société, sans avoir à les taper tous dans ce champ.

J'ai pu tester avec d'autres systèmes et logiciels, sans succès. Voici la liste de mes échecs:

- Fedora 16 + authentification winbind + Firefox

- Fedora 16 + Likewise Open + Firefox

- Fedora 16 + Centrify Express + Firefox

- Ubuntu 11.10 + Likewise Open + Firefox

Il semble donc que système ne fonctionne qu'avec OpenSuSE (11.4 et 12.1), certainement grâce au rapprochement entre Novell et Microsoft.

Il n'empêche, si vous avez réussi à reproduire ce fonctionnement avec d'autres outils et/ou distributions, je suis preneur !

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Si KDE et Gnome ne faisait qu'un...

1 Novembre 2011 , Rédigé par Emmanuel PIEUX Publié dans #Généralités

Kontact remplacerait Evolution, avec le plugin MAPI.

Kontact gère les emails, les agendas, les contacts, les flux RSS, les notes, les todo lists. Et il le fait bien, depuis la version 4.7 de KDE. Qui plus est, les données sont indexées avec Akonadi et Strigi (voir ci-dessous). Enfin, la présentation de tous les éléments, et notamment des courriels, est claire, lisible et ultra-paramétrable.

Mais il faut l'avouer, il manque le plugin MAPI d'Evolution. Il permet de se connecter facilement et de façon efficiente à un serveur Exchange. C'est bien pratique lorsque sa boite utilise ce système de messagerie.

 

Akonadi et son compère Strigi gèreraient le stockage et la recherche.

Akonadi est un système de stockage d'informations et de méta-informations personnelles. Strigi est un moteur d'indexation de ces mêmes informations conçu pour fonctionner sur le bureau de l'utilisateur. Le deuxième recherche et indexe les informations qui sont stockées dans la base de données du premier.

On peut dès lors faire des recherches dans Dolphin ou Kontact, et potentiellement dans n'importe quelle application, sur la totalités des données stockées sur l'ordinateur. Et l'ajout de tags et de méta-informations sur les fichiers permets d'optimiser encore les recherches.

 

GVFS gérerait la connexion aux lecteurs réseaux.

Un des gros avantage de gvfs est de mapper automatiquement le lecteur distant avec un répertoire local. Du coup, tous les logiciels, et notamment LibreOffice, croient qu'ils ouvrent des fichiers locaux, alors que ce n'est pas le cas. Et ça change tout ! Qui a déjà essayé de modifier un fichier Writer directement depuis son emplacement distant dans KDE comprendra... Plus d'infos ici.

 

Kwin serait le gestionnaire de fenêtres

Kwin sert à afficher les fenêtres de l'environnement graphique KDE. Il gère aussi les effets graphiques 2D et 3D (miniatures des fenêtres, effets de transparence, etc). Comparé à Mutter, le gestionnaire de fenêtres de Gnome, il semble plus riche d'effets (j'adore les effets graphiques), et plus copain avec les applications qui nécessite la prise de contrôle de l'écran, comme les jeux. Pas de bug d'affichage, pas de perte de résolution graphique. Mais ce n'est que mon expérience, et gageons que Mutter évolue dans le bon sens.

 

Clutter et Mutter géreraient le multi-écrans.

Oui, je sais, je viens de dire un peu le contraire dans le paragraphe précédent. Mais il faut bien reconnaître que Gnome sait mieux gérer le double-affichage, et c'est beaucoup plus simple pour l'utilisateur. En gros, il suffit de paramétrer une fois un deuxième écran particulier avec Gnome pour qu'il le reconnaisse la fois suivante, même si entre temps le PC a été branché à un autre. KDE en revanche ne sait gérer qu'une configuration. Qui plus est, débrancher un écran lorsque l'ordinateur est en veille donne souvent des résultats pour le moins... imprévisibles.

 

Les activités de KDE seraient là.

Là, on touche LA fonctionnalité indispensable de KDE. La « killer app », la vrai. En deux mots, une activité est un écran sur lequel on peut déposez des documents, démarrer automatiquement les programmes nécessaires aux besoins du moment, y ajouter les plasmoïdes de son choix, et sauvegarder le tout sous un nom explicite. Lors d'une prochaine session, un simple clic sur ce nom permet de retrouver l'environnement tel qu'il a été défini à cet instant. Et cerise sur le gâteau, l'utilisateur n'est pas limité (enfin pas à ma connaissance) par le nombre d'activités. C'est tellement efficace que la version Plasma Active de KDE, la version spécifique pour les tablettes PC qui vient de sortir, en a fait la base de son fonctionnement.

 

 

Les esprits chagrins me signalerons que la plupart des distributions font tourner indifféremment les programmes de l'un ou de l'autre environnement, dans l'un ou l'autre. Je sais.

Il reste que prendre le meilleur des deux mondes pour en faire NATIVEMENT un environnement qui se rapproche de la perfection serait certainement une meilleure idée. Utopiste ? Certes.

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